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  • : Voyage en 2CV en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde. A l'adresse http://etienne2cv.blogspot.com, un autre blog est accessible sur le thème de la célébration des dimanches par les catholiques des différents pays.
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 18:14

Ca y est, le récit de mon voyage est disponible à la vente depuis aujourd'hui !
Vous pourrez le trouver dans toutes les bonnes librairies (et au pire demandez au libraire de le commander) et aussi sur Internet sur les sites de :
- la fnac : www.fnac.com (ou directement http://livre.fnac.com/a2516947/Etienne-Dargnies-Avec-ma-foi-pour-tout-bagage?PID=1&Mn=-1&Mu=-13&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=0)
- amazon : www.amazon.fr
- alapage : www.alapage.fr

Plus d'infos sur le livre et le voyage sur mon nouveau site : http://www.etienne2cv.fr

Et ci dessous, la couverture

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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 19:29
Salut les amis,

ça y est ! La boucle est bouclée. Les roues ont tournées et le tour a bien roulé. La belle Rossi a fait une entrée triomphale à Calcutta le 8 juillet 2007 après près de 40 000 km, soit la circonférence de la Terre.

L'arrivée au point final du voyage s'est faite, clin d'oeil au départ, un dimanche. Et, nouveau clin d'oeil au départ, j'ai pu ce jour là assister à une messe entouré d'amis (Julie) et de la famille (Guilhem, mon cousin, volontaire chez les Missionnaires de la Charité).

Je dois avouer que comme lors de la messe du départ où mes rêves de route m'en empêchait, je n'ai pas beaucoup prier à celle-ci car je reparcourais tout le chemin depuis le kilomètre 0 de Notre-Dame de Paris :
- La descente vers Dakar, l'apprentissage de la route, de la solitude, de l'accueil (que l'on reçoit, pas que l'on donne)
- L'Afrique Noire, la joie perpétuelle des africains même dans leurs plus grandes douleurs, les femmes toujours affairées, les baobabs, les bêtes sauvages
- Le Sahara, les ensablements, les Touaregs et leurs 3 thés, l'Assekrem, les tempêtes de sabe
- L'Afrique méditérannéenne, les chichas, le bleu, les romains et les grecs, le phare d'Alexandrie (diparu certes mais qui continue à faire rêver)
- L'Egypte, les éternelles pyramides, le mont Sinaï, le vent et les fonds de la Mer Rouge
- Le Moyen-Orient, la roche multicolore de Petra, les araméens de Ma'alula, la tension de Beyrouth, les arméniens d'Alep
- La Turquie, les statues géantes, les lacs qui rafraichissent les bières, les crues
- Le Caucause, les Géorgiens qui invitent à partager vin et vodka autour d'une soirée tsigane (accordéon et chant), les Arméniens qui invitent à partager vodka et vin autour d'une soirée improvisée (chant, accordéon et guitare)
- Quelques nations islamisantes, les mosquées bleues, les femme noires et les prés verts d'Iran, les pachtounes, les pundjabi, les belouchis et les ismaéliens accueillants (tous les 4) du Pakistan
- L'Inde des conducteurs fous, de toutes les religions, de toutes les bêtes au milieu des routes, de tous les extrêmes, jusqu'à cette extrême pauvreté des indiens recueillies par les Missionaires de la Charité qui la combattent avec un extrême don de leur vie en voyant le Christ dans chacun d'eux.

Un très très grand merci à tous ceux qui de loin ou de près m'ont soutenus, encouragés, aidés, accompagnés tout au long ce voyage. Un merci particulier à tous ceux qui m'ont accueillis : amis de longue date, contacts d'amis ou parfaits inconnus.

Retour en France dès demain pour le cavalier et dès le début du mois de septembre pour la monture qui poursuit seule l'aventure, sur les flots. On espère bien vous y raconter tout ça de vive voix, sans doute dans certain garage spécialiste de deuche, de voyage et de gentillesse en proche banlieue parisienne.

Je vous embrasse très très fort.

Etienne
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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 08:48

Comme l'Algerie, le Sahara, le Hoggar et l'Assekrem me paraissent proches malgre la distance! C'est un lieu eloigne de tout ou les telephones ni les montres ne fonctionnent : on n'a pour uniques reperes que les sourires des Touaregs, leurs silences et leur thes. Mais je me rends compte qu'en racontant ainsi ce lieu qui m'est cher, je le fait passer pour un endroit ennuyeux. Je laisse donc le soin a Maman, qui m'y avait rejoint pour 5 jours, de vous expliquer comment c'est en allant au desert qu'on fait le plus de rencontres.

Une tape sur l’épaule dans l’aéroport de Tamanrasset en attendant ma valise ; je me retourne et te voilà, dans ton polo Défi SEP orange délavé, cheveux bouclés, barbe de trois jours, et ton sourire,…ça y est, j’y suis, et nous nous sommes retrouvés…comme prévu,…comme si c’était simple comme bonjour, et me voilà dans Rossinante, émerveillée de me trouver là dans le désert, dans ton « trip », Etienne.

La route, l’oasis d’Outoul, le portier, les cuistots, Mohammed, le chef touareg du village, Nicolas, les hôtes corréziens : tous semblent tes amis de toujours et je ne suis pas peu fière quand tu leur dis en me montrant de la main : « ma Maman »…

Dès le lendemain, départ pour l’ Assekrem, à 80 kms et à 2500m d’altitude…Je suis confiante, quoiqu’ un tout petit peu inquiète quand je vois l’air dubitatif de certains,…mais je vois bien :  rien ne t’arrête et à l’heure où j’écris ces lignes, je sais que tu as raison.

Et nous voilà dans ces paysages grandioses du Hoggar, frêle embarcation au milieu de ces cailloux et de ces rochers sculptés par le vent et le sable…et nous profitons l’un de l’autre :  tu me racontes ton voyage, tes péripéties, tes galères, tes rencontres, tes « dimanches », tes « exercices », ta route avec Gaëtan,… beaucoup de bonheur, de plaisir, de joie visiblement,…et toi, tu es content d’avoir des nouvelles de chacun, tous t’intéressent…

Montée incroyable à l’Assekrem avec pique-nique, saucisson et fromages de France, cailloux qui tapent, côte où j’aide Rossinante, tant bien que mal, arrêt dans un chantier où les ouvriers nous invitent à partager le couscous sous leur tente, et enfin, pour les 20 derniers kms trop raides pour Rossi, la police de l’Assekrem qui nous monte dans leur 4x4 et à qui tu promets une soirée guitare en guise de remerciements…(elle aura lieu).

L’Assekrem, le lieu de solitude de Charles de Foucauld, tu y étais un an avant avec tes amis et nous sommes émus  de ce sentiment d’éternité devant le coucher et le lever de soleil dans ce paysage d’une beauté inouïe. Rencontres ici encore avec des pélerins, des touaregs, les 3 Frères de l’ Ermitage, messe dans la chapelle et rencontres à nouveau au refuge où nous dormons,…je réalise comme dans ton voyage tout est rencontre….rencontre avec toi-même quand tu es seul, rencontre avec l’a(A)utre, les autres …

Sur le chemin du retour de l’Assekrem, un couple d’Algériens nous aidera à rejoindre Rossinante et à atteindre un point de la route où il n’y a plus de difficultés. Quelques kilomètres plus loin,  une famille algérienne nous arrêtera pour nous inviter chez eux et nous offrir café et gâteaux.

Les 2 jours d’après aussi sont faits de rencontres ; ta voiture pour cela est une vraie « médiatrice »…elle favorise l’entée en relation et tu en profites à plein. Aussi bien les enfants que les policiers ou les passants, tous s’étonnent, te questionnent, et le contact est noué. Telle rencontre marque plus qu’une autre, ainsi le soudeur de ton châssis (souvenir douloureux de notre montée à l’Assekrem) qui demande un souvenir de toi, le père Antoine et les sœurs de la Frégate qui font prier pour toi pendant la messe, Badia qui m’a donné le bracelet de perles marron que je porte toujours au poignet droit, Nicolas et les œuvres des Touaregs,…

Merci, Etienne, pour ces rencontres et ces 4 jours avec toi ; j’ai vécu ce temps intensément, et Pierre le garagiste, ton ami devenu mon ami, avait raison de me dire : « Allez-y, vous vous en souviendrez toute votre vie ! ».

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 17:50

Prolifique Emeline, merci de faire vivre ce blog et de montrer a tous les co-voyageurs la voie. De mon cote, je cherche aussi la Voie. Celle du milieu proposee par le Dalai-Lama et les tibetains de Dharamsala, celle de la baignade entre cobras et corps a demi calcines proposee par les Hindous de Varanasi, celle qui serpente dans les meandres de l adminsitration Indienne pour faire de ma voiture un taxi de luxe a Calcutta et faire ainsi de "4 roues sous 1 parapluie" une societe internationale (http://www.4roues-sous-1parapluie.com).

 

Salut les lecteurs du blog d’Etienne,

 

voilà un peu de lecture entre votre pause-café (-mais pas clope parce que maintenant c’est forbidden, bien que vous puissiez toujours aller dehors vous la griller et dragouiller en même temps la ptite stagiaire du 3ème), et votre réunion de 15h30.

 

Voici donc un petit flash-back sur notre escale en Syrie (alors qu’Etienne est déjà en Inde, on sait, on sait, mais on a pas eu le temps avant). A Palmyre très exactement, « oasis perdu au cœur du désert syrien » (allez hop, un peu de poésie), où nous sommes allés après Damas et le Monastère de Maaloula…

 

La route, toute droite en plein désert, a dû paraître à Etienne d’une grande banalité. Quant à moi, j’en frissonne encore… Car lecteurs, sachez-le, il ne fait pas bon être doublé par un poids-lourd syrien qui fonce à 140 Kms/heure, surtout à bord d’une frêle 2CV et surtout quand un autre poids-lourd syrien arrive à fond en sens inverse... Le « Salaire de la Peur » à côté, c’est Martine et son âne Cadichon !

 

280 Kms plus tard -et après avoir croisé quelques panneaux indiquant l’Irak à moins de 150 bornes-, nous voilà sains et saufs à Palmyre, ouf… Et Alleluia !

Après une nuit dans un hôtel bien miteux comme on les aime, (rrrh, ces vieux bobos du Routard qui ne remettent pas à jour leur fichu guide), tenu par un veilleur tout roux (ben oui, Etienne aime bien tout ce qui est roux) et édenté (ça, je crois qu’il aime moins), la Cité Antique, avec ses beaux portiques corinthiens au milieu d’une mer de sable, s’offrait enfin à nous…

Aah… Palmyre ! Comment l’évoquer sans songer à sa belle et célèbre reine Zénobia, qui gouverna cette ville sous l’Antiquité… (Là, je fais bien attention au processus d’identification, déjà que j’ai mis une dizaine d’années à réaliser que je ne serai jamais Sissi impératrice).

Une visite du musée et une belle balade au milieu des ruines plus tard (en essayant évidemment de nous incruster à des touristes français, accompagnés, eux, d’un conférencier) nous voilà tout en haut d’un château arabe du XIIIème siècle, qui domine Palmyre et où la vue était –paraît-il- époustouflante. (Dommage que je sois restée bien calée dans le siège-auto arrière de chez Rossi, garée derrière le château parce que j’avais trop froid !)

De notre escale à Palmyre je garderai encore bien d’autres souvenirs. Pour vous en livrer quelques-uns en vrac tout de même (sinon pourquoi écrirai-je sur ce blog ?) : ce tajine trop bon au fond d’un restau berbère-kitch où des photos du dictateur (Bachar El-Assad pour les plus cultivés d’entre vous), côtoyaient celles d’un Zizou au top de sa forme.

Ou encore ce pique-nique épique préparé par Etienne (à base de poulet écrasé dans du pain plat et sauce bizarre, et moi qu’avais la nausée… Mmmh…) avalé à califourchon sur d’ancestrales vestiges au milieu des ruines.

Ou ce pittoresque coup de fil de la non moins belle Halima* à Etienne sur son portable, qui provoqua chez nous un bon fou-rire, tant il est vrai que ce « numéro privé » qui l’intriguait tant se révéla être une savoureuse surprise… (Halima coincée sur le palier de la rue Moncey, sonnant à tous vents et appelant Etienne, -parti depuis 6 mois et à 7000 Kms- pour qu’il vienne la délivrer)

Halima, Zénobia, toutes deux des reines à leur manière…

Bon, je laisse maintenant notre Etienne (multi-)national nous écrire les impressions de son arrivée en Inde, nous renseigner sur l’état et l’avenir de Mademoiselle Rossi, et enfin mettre une photo de Juju sur le blog.

Bécots.

Meline.

* Définition de Halima : adorable Halima par ailleurs, qui s’occupe de faire en sorte, une fois par semaine pendant 4 heures, que l’appart des ptis gars de la rue Moncey ressemble à quelque chose, et qu’eux-mêmes ressemblent à quelque chose avec des chemises repassées.

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 06:37

Salut les amis,

Me voici à Islamabad au Pakistan. Il fait 50°C dehors et je me depêche d'écrire avant que le fil de ma connexion ne fonde. 50°C c'est harassant. Alors je suis parti dans le nord du Pakistan car dans cette région qu'on appelle l'Himalaya, même l'été, il peut faire 0°C.

Le problème, c'est que pour y monter, il y a des côtes à au moins 10°. Alors pour ne pas faire monter le coeur de Rossi à plus de 1 000°C, je dis à Julie (qui m'a rejoint pour un bout de route) de descendre et de pousser. De gré ou de force, elle s'exécute et nous voilà entourés de sommets à plus de 8 000m.

Randos montagnardes sur un sol de grès, de basalte ou de glace, air pur et frais dans les poumons, nourriture épicée et brulante pour la bouche.

Avant cela : traversée de l'Iran et de ses mosquées couvertes de tuiles ou de mosaïques bleues (ce passage du voyage fera l'objet d'un article "classique" du blog fin 2009 début 2010 si j'arrive à tenir le rythme auquel je m'astreint).

Après cela : Inde d'ici quelques jours, jusqu'à Calcutta et l'un des mouroirs des Soeurs de la Charité mais peut être dans une autre ville : la météo et Dieu en décideront. Puis retour fin juillet en France avec une grosse inconnue pour la jolie Rossi (immolée à la gloire de l'administration, donnée à un autre voyageur, maritiment ramenée pour un retour en fanfare sur des routes un peu plus droites et moins crevassées ?)

Je vous embrasse très fort.

Etienne

 

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 17:16

2 Maches devaient me rejoindre a Damas en avril et ce sont finalement 2 Maches et demi qui se sont istalles sur la croupe de Rossi pour un bout de route. Et quel bout de route. De Damas a Alep, de Palmyre au Krak des Chevaliers en passant par Ma'alula, toute la Syrie a ete visitee et Rossi, qui aime bien la Mache, a berce son bebe au rythme de ses mythiques suspensions. La Mache a bien aime Rossi, elle lui ecrit.

Chère Rossi,

Il fallait que je t’écrive ces quelques lignes pour te signifier –avec un retard impardonnable- mon immense gratitude.

Nous avons passé, à ton bord, huit jours.

Huit jours au cours desquels, chère Rossi, tu n’as point fléchis. A peine a t’on dû te changer une roue... Et encore, en prévention !

(J’apprenais, au passage, cette manœuvre fort utile, -et qui m’était parfaitement étrangère jusqu’alors-, qui consiste à changer une roue. Songeant à mon Bibendum de mari, j’ai pensé qu’il serait plus glorieux que je sache comment m’y prendre en de telles circonstances…)

Pour le reste, belle amie, tu n’as point faibli.

Tu t’es concentrée, rassemblant ta détermination et ton courage pour nous porter, nous trois et demi.

Car il m’aurait déplu, -je te sais gré de l’avoir compris-, que tu décides de ponctuer notre périple d’une halte inopinée en plein désert syrien. La primigeste que je suis l’aurait eu bien mauvaise !

Capricieuse cependant, tu ne l’as point été chère amie. Bien au contraire, ton opiniâtreté et ton courage nous ont ébloui. Point d’arrêt intempestif au milieu des chèvres, point d’étape forcée en des lieux inhospitaliers, mais une route ensoleillée, des amis heureux, chantants, balancés par tes doux amortisseurs…

Je sais pourtant que la suite ne fut pas des meilleures. Je sais aussi, fort heureusement, que les soins dont tu as fait l’objet à Alep, et notamment la transplantation cardiaque, ont été merveilleusement efficaces!

En avais-tu trop fait ? Sans doute, car ton cœur a lâché. Pour un temps assez court, heureusement, et non sans avoir marqué le mien pour toujours…

Bonne route Miss Rossi.

Roule, roule vaillamment, sans plier ni fléchir, sans heurter ni décatir, traverse déserts et montagnes, enjambe rivières et ravins, n’abandonne pas. File, file droit et va, avec, à ton bord, notre précieux copain…

Du fond du cœur, brave petite Rossi, merci.

Emeline.

 

 

 

 

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 12:10

Voici une nouvelle rubrique qui me permet de glander a l'ombre : la rubrique Contribution de co-voyageurs. Cette rubrique sera composee des articles de ceux qui ayant deja eu la gentillesse de partager un bout de route avec moi, auront aussi la gentillesse d ecrire un article pour peupler ce blog. Le bal s'ouvre aujourd'hui avec Papa qui m'a rejoint au Liban avec un moteur de rechange puis en Syrie et Turquie. Merci a lui. Le bal continuera, si les cavaliers et les cavalieres le veulent bien, au rythme d une valse a mille temps avec Gaetan, Maman, Julie, Tonus et Meline, les 3 bogosses du 22 et Alexis. Merci par avance a vous tous. Je vous laisse avec les ecrits du pere Jean-No.

Après les péripéties du convoyage du moteur de rechange en pièces détachées du garage de Pierre à Arcueil au garage de Yacob à Alep, via Beyrouth, nous voici en Turquie pour une « croisière » pépère, maximum 80 km/h en descente et par vent arrière, le plus souvent 60-70, quand ce n’est pas 30-40 dès que la moindre petite côte montre son nez,…mais la tête au vent capote déployée. Au gré du tangage si caractéristique de la 2CV, on a le temps de goûter les paysages, de discuter, de prier,… Si ce n’était les énormes trous qui parsèment la route et demandent au conducteur une attention sans relâche, on se laisserait bien aller à la rêverie !

Nous venons d’immortaliser Rossinante fièrement grimpée sur un pont Romain et repartons vers le Nemrut Dagi, ce pic du Taurus où ont échoué des statues de l’île de Pâques, quand tout à coup,…bam ! bam ! bam ! bam !  j’ai dû me laisser effectivement aller à rêvasser car je viens de m’aligner  une série de nids de poules de belle espèce,…et voici que brutalement l’arrière gauche s’affaisse à toucher le sol ! Heureusement, tout cela à 30 km/h. Je me gare vaguement sur le côté avec ce qui reste d’élan, et nous bondissons hors de la voiture pour évaluer les dégâts. On craint le pire…il s’avère vite fort heureusement que ce n’est qu’une petite pièce qui tient le bras de suspension qui a cassé, …donc si on arrive à dévisser cette pièce, on devrait pouvoir la réparer sans trop de problème…La fin de Rossinante ne semble pas encore pour cette fois-ci…

Seulement la dite petite pièce n’a pas dû être démontée ou graissée depuis 25 ans, et l’on s’acharne dessus à tour de rôle sans beaucoup de succès, allongés dans la poussière, quand Etienne se souvient qu’un ami Burkinabé lui avait donné, en prévision de sa traversée du Sahara, un ingénieux ustensile fait d’un bout de fer à béton recourbé aux extrémités, qui permet une réparation de fortune exactement dans ce type de situation…En 5 minutes, le mécanisme est mis en place, la voiture est sur ces roues (un peu raide de l’arrière gauche, bien sûr) et on peut rejoindre à petite vitesse la ville voisine où, dès le premier faubourg, on trouve une échoppe de soudeur qui semblait n’attendre que nous,…et en moins d’une heure, Rossinante se retrouve ferrée de neuf et prête à repartir à l’assaut du Nemrut Dagi.

Ce voyage est une extraordinaire leçon de vie : prendre les aléas comme ils viennent, être prêt à ce  que la voiture, à tout moment, s’arrête définitivement et devoir continuer à pied….mais aussi, dans chaque situation imprévue, se battre,  ne pas baisser les bras, être accueillant envers toutes les solidarités qui se tissent,…croire en son étoile,…à la grâce de Dieu.

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 13:13

L'une des vues les plus réjouissante et les plus courantes d'Afrique est celle des femmes africaines qui marchent le long des routes, portant sur leur tête une bassine pleine d'on ne sait quoi.

Elles portent toujours des robes très colorées parfois avec des motifs jolis, parfois avec des motifs absurdes (comme la tête du président Blaise Compaoré au Burkina).

Elles sont généralement par groupe de 4 ou 5 et le bruit de leurs discussions et de leurs rires couvre sans difficulté le ronronnement de mon moteur.

Leurs filles de 5 à 10 ans courent autour d'elles et les plus jeunes sont portés dans le dos dans un foulard. Il m'est arrivé de voir des enfants tétant leur mère tout en étant portés dans leur dos !

Les femmes africaines puisent l'eau au lever du soleil, pilent le mil, s'occupent des enfants, préparent les repas, sont courbées en deux la moitié de la journée. Elles travaillent à mon avis deux à trois fois plus que les hommes.

La femme est sans doute l'avenir de l'Afrique.

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 12:11

Salut les amis,

Il est vrai que je laisse bien seuls ceux d'entre vous qui, à la faveur des beaux jours, cherchent des idées de destination pour l'été mais que voulez-vous, la transplantation ayant réussi, Rossinante avait bien besoin de se dégourdir les jambes et elle ne m'a pas laissé un instant de repos, bondissant d'une montagne à l'autre.

D'abord dans l'est de la Turquie en haut du Nemrut Dagi où des têtes tombées de statues géantes saluent le soleil à son lever et à son coucher, sur les versants du Taurus qui domine la fertile plaine mésopotamienne ou se désaltérant à l'eau fraîche  du Lac de Van  (lac idéal pour rafraîchir les bières).

Puis en se redonnant des forces à coups de vodka, contraint et forcé, dès 10 heures du mat' dans le Caucase Géorgien et achevant de devenir alcoolique avec les cognacs Ararat ou Noé permettant des cuites aux dimensions bibliques.

Mon foie est donc sauvé in extremis par une entrée en Iran hier. Les gens y sont pour l'instant raisonnablement barbus et les femmes plutôt bien voilées malgré la chaleur qui commence a être suffocante.

Comme ici encore il s'agit de ne pas chômer (au moins 2 500 bornes en 15 jours + découvertes des vieilles civilisations perses + rencontre avec l'église locale (arménienne) + visite des mosquées recouvertes de tuiles bleues), je risque encore de laisser seuls ceux qui cherchent dans ce blog un compagnon des heures creuses.

Je vous donne donc l'adresse d'amis français rencontrés à Erevan qui voyagent aussi en Citroën (Acadiane en l'occurence) et font le tour de l'Europe par ses bords : http://baroudeurope.uniterre.com

Je vous embrasse,

 

 

 

 

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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 17:51

Salut les amis,

Accueillant trop d'amis à son goût à son bord en Jordanie, au Liban et en Syrie, Rossinante (ma 2CV pour les moins assidus des lecteurs que je ne sollicite pourtant pas trop) m'a fait découvrir un nouvel aspect de sa complexe personnalité : la jalousie.

La première fois qu'elle a vu rouge, c'était en Jordanie où elle s'est mise à fumer de fureur par automutilation du ventilateur dans la côte reliant la Mer Morte à Amman.

Les fois suivantes, elle a été plus douce, mais toujours insistante : quelques fuites d'huiles, un pneu dégonflé (elle a eu la délicatesse de ne pas le crever), un cardan desserré (les cardans, comme toujours).

Mais j'ai fait la sourde oreille. Au lieu de la rassurer, de lui montrer qu'elle gardait sa place unique dans mon cœur, je l'ai engueulée, je l'ai moquée. Je suis allé trop loin et son cœur a lâché (les bielles sont cuites, les pistons ne vont ni ne viennent plus dans les cylindres).

Sans une chaîne internationale de solidarité, c'en serait fini de la belle aventure. Oui mais voilà, la solidarité existe toujours et sous toutes les latitudes : remorquage sur 200km par 3 jeunes garçons dans le vent, interprétation arménien/arabe/anglais et guidage dans les méandres de l'administration Syrienne par le Nicolas Cage d'Alep, prise en main de la mourante par Hacob, un garagiste arménien passionné de Citroën et le cœur sur la main d'Alep (ceux qui connaissent Pierre n'auront pas de mal à imaginer le bonhomme), dégotage en France d'un nouveau cœur pour la deuche par un garagiste français passionné de 2CV, de voyage et le cœur sur la main d'Arcueil (ceux qui connaissent Hacob n'auront pas de mal à imaginer le bonhomme), transport des pièces dans deux énormes valises par l'agent secret "Père Jean-No" qui aurait des accointances avec l'agent "Maman" spécialiste des opérations de sauvetage de Rossinante (cf. article La Chèvre).

Bref, j'ai un cœur neuf ou presque dans la main droite, une Rossinante en respiration artificielle dans la main gauche. Je confie leur contenu à Hacob demain matin puis je les joindrai pour prier Dieu d'accorder une nouvelle vie à ma belle. Si vous ne savez pas quoi faire de vos deux mains demain, n'hésitez pas à les joindre vous aussi.

Je vous embrasse.

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