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Vendredi 15 juin 2007

2 Maches devaient me rejoindre a Damas en avril et ce sont finalement 2 Maches et demi qui se sont istalles sur la croupe de Rossi pour un bout de route. Et quel bout de route. De Damas a Alep, de Palmyre au Krak des Chevaliers en passant par Ma'alula, toute la Syrie a ete visitee et Rossi, qui aime bien la Mache, a berce son bebe au rythme de ses mythiques suspensions. La Mache a bien aime Rossi, elle lui ecrit.

Chère Rossi,

Il fallait que je t’écrive ces quelques lignes pour te signifier –avec un retard impardonnable- mon immense gratitude.

Nous avons passé, à ton bord, huit jours.

Huit jours au cours desquels, chère Rossi, tu n’as point fléchis. A peine a t’on dû te changer une roue... Et encore, en prévention !

(J’apprenais, au passage, cette manœuvre fort utile, -et qui m’était parfaitement étrangère jusqu’alors-, qui consiste à changer une roue. Songeant à mon Bibendum de mari, j’ai pensé qu’il serait plus glorieux que je sache comment m’y prendre en de telles circonstances…)

Pour le reste, belle amie, tu n’as point faibli.

Tu t’es concentrée, rassemblant ta détermination et ton courage pour nous porter, nous trois et demi.

Car il m’aurait déplu, -je te sais gré de l’avoir compris-, que tu décides de ponctuer notre périple d’une halte inopinée en plein désert syrien. La primigeste que je suis l’aurait eu bien mauvaise !

Capricieuse cependant, tu ne l’as point été chère amie. Bien au contraire, ton opiniâtreté et ton courage nous ont ébloui. Point d’arrêt intempestif au milieu des chèvres, point d’étape forcée en des lieux inhospitaliers, mais une route ensoleillée, des amis heureux, chantants, balancés par tes doux amortisseurs…

Je sais pourtant que la suite ne fut pas des meilleures. Je sais aussi, fort heureusement, que les soins dont tu as fait l’objet à Alep, et notamment la transplantation cardiaque, ont été merveilleusement efficaces!

En avais-tu trop fait ? Sans doute, car ton cœur a lâché. Pour un temps assez court, heureusement, et non sans avoir marqué le mien pour toujours…

Bonne route Miss Rossi.

Roule, roule vaillamment, sans plier ni fléchir, sans heurter ni décatir, traverse déserts et montagnes, enjambe rivières et ravins, n’abandonne pas. File, file droit et va, avec, à ton bord, notre précieux copain…

Du fond du cœur, brave petite Rossi, merci.

Emeline.

 

 

 

 

Par Etienne - Publié dans : etienne2cv
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Samedi 2 juin 2007

Voici une nouvelle rubrique qui me permet de glander a l'ombre : la rubrique Contribution de co-voyageurs. Cette rubrique sera composee des articles de ceux qui ayant deja eu la gentillesse de partager un bout de route avec moi, auront aussi la gentillesse d ecrire un article pour peupler ce blog. Le bal s'ouvre aujourd'hui avec Papa qui m'a rejoint au Liban avec un moteur de rechange puis en Syrie et Turquie. Merci a lui. Le bal continuera, si les cavaliers et les cavalieres le veulent bien, au rythme d une valse a mille temps avec Gaetan, Maman, Julie, Tonus et Meline, les 3 bogosses du 22 et Alexis. Merci par avance a vous tous. Je vous laisse avec les ecrits du pere Jean-No.

Après les péripéties du convoyage du moteur de rechange en pièces détachées du garage de Pierre à Arcueil au garage de Yacob à Alep, via Beyrouth, nous voici en Turquie pour une « croisière » pépère, maximum 80 km/h en descente et par vent arrière, le plus souvent 60-70, quand ce n’est pas 30-40 dès que la moindre petite côte montre son nez,…mais la tête au vent capote déployée. Au gré du tangage si caractéristique de la 2CV, on a le temps de goûter les paysages, de discuter, de prier,… Si ce n’était les énormes trous qui parsèment la route et demandent au conducteur une attention sans relâche, on se laisserait bien aller à la rêverie !

Nous venons d’immortaliser Rossinante fièrement grimpée sur un pont Romain et repartons vers le Nemrut Dagi, ce pic du Taurus où ont échoué des statues de l’île de Pâques, quand tout à coup,…bam ! bam ! bam ! bam !  j’ai dû me laisser effectivement aller à rêvasser car je viens de m’aligner  une série de nids de poules de belle espèce,…et voici que brutalement l’arrière gauche s’affaisse à toucher le sol ! Heureusement, tout cela à 30 km/h. Je me gare vaguement sur le côté avec ce qui reste d’élan, et nous bondissons hors de la voiture pour évaluer les dégâts. On craint le pire…il s’avère vite fort heureusement que ce n’est qu’une petite pièce qui tient le bras de suspension qui a cassé, …donc si on arrive à dévisser cette pièce, on devrait pouvoir la réparer sans trop de problème…La fin de Rossinante ne semble pas encore pour cette fois-ci…

Seulement la dite petite pièce n’a pas dû être démontée ou graissée depuis 25 ans, et l’on s’acharne dessus à tour de rôle sans beaucoup de succès, allongés dans la poussière, quand Etienne se souvient qu’un ami Burkinabé lui avait donné, en prévision de sa traversée du Sahara, un ingénieux ustensile fait d’un bout de fer à béton recourbé aux extrémités, qui permet une réparation de fortune exactement dans ce type de situation…En 5 minutes, le mécanisme est mis en place, la voiture est sur ces roues (un peu raide de l’arrière gauche, bien sûr) et on peut rejoindre à petite vitesse la ville voisine où, dès le premier faubourg, on trouve une échoppe de soudeur qui semblait n’attendre que nous,…et en moins d’une heure, Rossinante se retrouve ferrée de neuf et prête à repartir à l’assaut du Nemrut Dagi.

Ce voyage est une extraordinaire leçon de vie : prendre les aléas comme ils viennent, être prêt à ce  que la voiture, à tout moment, s’arrête définitivement et devoir continuer à pied….mais aussi, dans chaque situation imprévue, se battre,  ne pas baisser les bras, être accueillant envers toutes les solidarités qui se tissent,…croire en son étoile,…à la grâce de Dieu.

Par Etienne - Publié dans : etienne2cv
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Jeudi 24 mai 2007

L'une des vues les plus réjouissante et les plus courantes d'Afrique est celle des femmes africaines qui marchent le long des routes, portant sur leur tête une bassine pleine d'on ne sait quoi.

Elles portent toujours des robes très colorées parfois avec des motifs jolis, parfois avec des motifs absurdes (comme la tête du président Blaise Compaoré au Burkina).

Elles sont généralement par groupe de 4 ou 5 et le bruit de leurs discussions et de leurs rires couvre sans difficulté le ronronnement de mon moteur.

Leurs filles de 5 à 10 ans courent autour d'elles et les plus jeunes sont portés dans le dos dans un foulard. Il m'est arrivé de voir des enfants tétant leur mère tout en étant portés dans leur dos !

Les femmes africaines puisent l'eau au lever du soleil, pilent le mil, s'occupent des enfants, préparent les repas, sont courbées en deux la moitié de la journée. Elles travaillent à mon avis deux à trois fois plus que les hommes.

La femme est sans doute l'avenir de l'Afrique.

Par Etienne - Publié dans : etienne2cv
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Jeudi 24 mai 2007

Salut les amis,

Il est vrai que je laisse bien seuls ceux d'entre vous qui, à la faveur des beaux jours, cherchent des idées de destination pour l'été mais que voulez-vous, la transplantation ayant réussi, Rossinante avait bien besoin de se dégourdir les jambes et elle ne m'a pas laissé un instant de repos, bondissant d'une montagne à l'autre.

D'abord dans l'est de la Turquie en haut du Nemrut Dagi où des têtes tombées de statues géantes saluent le soleil à son lever et à son coucher, sur les versants du Taurus qui domine la fertile plaine mésopotamienne ou se désaltérant à l'eau fraîche  du Lac de Van  (lac idéal pour rafraîchir les bières).

Puis en se redonnant des forces à coups de vodka, contraint et forcé, dès 10 heures du mat' dans le Caucase Géorgien et achevant de devenir alcoolique avec les cognacs Ararat ou Noé permettant des cuites aux dimensions bibliques.

Mon foie est donc sauvé in extremis par une entrée en Iran hier. Les gens y sont pour l'instant raisonnablement barbus et les femmes plutôt bien voilées malgré la chaleur qui commence a être suffocante.

Comme ici encore il s'agit de ne pas chômer (au moins 2 500 bornes en 15 jours + découvertes des vieilles civilisations perses + rencontre avec l'église locale (arménienne) + visite des mosquées recouvertes de tuiles bleues), je risque encore de laisser seuls ceux qui cherchent dans ce blog un compagnon des heures creuses.

Je vous donne donc l'adresse d'amis français rencontrés à Erevan qui voyagent aussi en Citroën (Acadiane en l'occurence) et font le tour de l'Europe par ses bords : http://baroudeurope.uniterre.com

Je vous embrasse,

 

 

 

 

Par Etienne - Publié dans : etienne2cv
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Dimanche 29 avril 2007

Salut les amis,

Accueillant trop d'amis à son goût à son bord en Jordanie, au Liban et en Syrie, Rossinante (ma 2CV pour les moins assidus des lecteurs que je ne sollicite pourtant pas trop) m'a fait découvrir un nouvel aspect de sa complexe personnalité : la jalousie.

La première fois qu'elle a vu rouge, c'était en Jordanie où elle s'est mise à fumer de fureur par automutilation du ventilateur dans la côte reliant la Mer Morte à Amman.

Les fois suivantes, elle a été plus douce, mais toujours insistante : quelques fuites d'huiles, un pneu dégonflé (elle a eu la délicatesse de ne pas le crever), un cardan desserré (les cardans, comme toujours).

Mais j'ai fait la sourde oreille. Au lieu de la rassurer, de lui montrer qu'elle gardait sa place unique dans mon cœur, je l'ai engueulée, je l'ai moquée. Je suis allé trop loin et son cœur a lâché (les bielles sont cuites, les pistons ne vont ni ne viennent plus dans les cylindres).

Sans une chaîne internationale de solidarité, c'en serait fini de la belle aventure. Oui mais voilà, la solidarité existe toujours et sous toutes les latitudes : remorquage sur 200km par 3 jeunes garçons dans le vent, interprétation arménien/arabe/anglais et guidage dans les méandres de l'administration Syrienne par le Nicolas Cage d'Alep, prise en main de la mourante par Hacob, un garagiste arménien passionné de Citroën et le cœur sur la main d'Alep (ceux qui connaissent Pierre n'auront pas de mal à imaginer le bonhomme), dégotage en France d'un nouveau cœur pour la deuche par un garagiste français passionné de 2CV, de voyage et le cœur sur la main d'Arcueil (ceux qui connaissent Hacob n'auront pas de mal à imaginer le bonhomme), transport des pièces dans deux énormes valises par l'agent secret "Père Jean-No" qui aurait des accointances avec l'agent "Maman" spécialiste des opérations de sauvetage de Rossinante (cf. article La Chèvre).

Bref, j'ai un cœur neuf ou presque dans la main droite, une Rossinante en respiration artificielle dans la main gauche. Je confie leur contenu à Hacob demain matin puis je les joindrai pour prier Dieu d'accorder une nouvelle vie à ma belle. Si vous ne savez pas quoi faire de vos deux mains demain, n'hésitez pas à les joindre vous aussi.

Je vous embrasse.

Par Etienne - Publié dans : etienne2cv
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