ça y est ! La boucle est bouclée. Les roues ont tournées et le tour a bien roulé. La belle Rossi a fait une entrée triomphale à Calcutta le 8 juillet 2007 après près de 40 000 km, soit la circonférence de la Terre.
L'arrivée au point final du voyage s'est faite, clin d'oeil au départ, un dimanche. Et, nouveau clin d'oeil au départ, j'ai pu ce jour là assister à une messe entouré d'amis (Julie) et de la famille (Guilhem, mon cousin, volontaire chez les Missionnaires de la Charité).
Je dois avouer que comme lors de la messe du départ où mes rêves de route m'en empêchait, je n'ai pas beaucoup prier à celle-ci car je reparcourais tout le chemin depuis le kilomètre 0 de Notre-Dame de Paris :
- La descente vers Dakar, l'apprentissage de la route, de la solitude, de l'accueil (que l'on reçoit, pas que l'on donne)
- L'Afrique Noire, la joie perpétuelle des africains même dans leurs plus grandes douleurs, les femmes toujours affairées, les baobabs, les bêtes sauvages
- Le Sahara, les ensablements, les Touaregs et leurs 3 thés, l'Assekrem, les tempêtes de sabe
- L'Afrique méditérannéenne, les chichas, le bleu, les romains et les grecs, le phare d'Alexandrie (diparu certes mais qui continue à faire rêver)
- L'Egypte, les éternelles pyramides, le mont Sinaï, le vent et les fonds de la Mer Rouge
- Le Moyen-Orient, la roche multicolore de Petra, les araméens de Ma'alula, la tension de Beyrouth, les arméniens d'Alep
- La Turquie, les statues géantes, les lacs qui rafraichissent les bières, les crues
- Le Caucause, les Géorgiens qui invitent à partager vin et vodka autour d'une soirée tsigane (accordéon et chant), les Arméniens qui invitent à partager vodka et vin autour d'une soirée improvisée (chant, accordéon et guitare)
- Quelques nations islamisantes, les mosquées bleues, les femme noires et les prés verts d'Iran, les pachtounes, les pundjabi, les belouchis et les ismaéliens accueillants (tous les 4) du Pakistan
- L'Inde des conducteurs fous, de toutes les religions, de toutes les bêtes au milieu des routes, de tous les extrêmes, jusqu'à cette extrême pauvreté des indiens recueillies par les Missionaires de la Charité qui la combattent avec un extrême don de leur vie en voyant le Christ dans chacun d'eux.
Un très très grand merci à tous ceux qui de loin ou de près m'ont soutenus, encouragés, aidés, accompagnés tout au long ce voyage. Un merci particulier à tous ceux qui m'ont accueillis : amis de longue date, contacts d'amis ou parfaits inconnus.
Retour en France dès demain pour le cavalier et dès le début du mois de septembre pour la monture qui poursuit seule l'aventure, sur les flots. On espère bien vous y raconter tout ça de vive voix, sans doute dans certain garage spécialiste de deuche, de voyage et de gentillesse en proche banlieue parisienne.
Je vous embrasse très très fort.
Etienne